Dans le numéro du 25 avril, Sakina nous rappelle en préambule le drame qui s’est déroulé il y a 5 ans au Bangladesh. Il avait fait plus de 1 000 morts et 2 500 blessés. Cette tragédie a été la triste mais nécessaire occasion d’une prise de conscience planétaire et a déclenché, à un stade embryonnaire d’abord, un mouvement de transformation des process et une certaine éthicisation de la mode.

Partie de Grande Bretagne en 2014 et comptant plus de 95 pays participants aujourd’hui, la Fashion Revolution en est la vitrine idéale. Au rang des bonnes pratiques désormais suivies par un nombre grandissant de créateurs, on compte : des matières plus respectueuses de l’environnement, un respect du travail humain et une recherche de durabilité dans la conception et la production des produits.

Pourtant, Sakina est loin de se satisfaire de ces changements qui, bien que nécessaires et louables, peuvent ne rester qu’anecdotiques et cosmétiques. Selon elle, le changement doit être bien plus profond et constituer une lame de fond sociétale et culturelle. Elle appelle en fait de ses vœux un changement de paradigme dans la mode et à un engagement toujours plus fort de la part des acteurs du domaine. Par son travail et son propre engagement en tant que styliste et responsable d’une entreprise d’insertion dans la couture, Sakina constitue un véritable fer de lance du mouvement qu’elle souhaite voir et faire émerger.